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nov 14 2011

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La gogo gratuite (Chroniques des quartiers rouges)

Chroniques des quartiers rouges de Bangkok: La gogo gratuite

Départ pour Farangland

Nana Plaza commence à me manquer, ça fait une semaine que je n’y ai pas mis les pieds et je commence à être accro aux néons roses, alors autant soigner le mal par le mal. Je sors de chez moi samedi en milieu d’après-midi, panne internet oblige, et pars profiter de l’happy hour dans le premier bar du Soi 4 de Sukhumvit. L’happy hour de ce bar, dont je ne me rappelle jamais le nom, pourrait être renommée en happy journée, vu que la bière est à 60 THB de 10h à 20h. Ce bar est un bon spot pour boire des bières pas chères avant de s’aventurer dans les gogo et leurs conso à environ 150 baths. Je descends quelques Chang Beer en discutant avec deux filles du bar histoire de travailler un peu mon thaï, mais mauvaise gestion du timing, je termine une bière à 20h02 et décide donc que ça sera la dernière ici pour ce soir.

 

Tour de contrôle

Je me dirige ensuite au Big Dog, je me pose à une place stratégique avec vue sur les freelances du Nana Hotel ainsi que sur l’entrée de Nana Plaza. A cette heure ci on peut voir les gogo girls qui se rendent au travail, et d’autres qui partent déjà avec des clients. À côté de moi il y a deux français, je n’écoute pas vraiment ce qu’ils racontent mais ça fait du bien d’avoir une langue familière en bande son. Il est bientôt 21h, j’arrive sur la fin de ma deuxième Chang Beer, et je vois Khun B passer avec une copine à elle et un vieux gars, petit, obèse, cheveux blancs aux endroits non dégarnis de son crâne. Khun B est une gogo girl du Playskool Gogo Bar, la mieux de son bar à mon avis. Bref, je les vois se diriger vers la sortie de Nana Plaza, elle me voit et me fait un grand sourire, je lui demande:

_ Tu vas où comme ça?
_ Je ne sais pas, je suis seulement sa copine.

Ben voyons, je ne suis pas né de la dernière mousson, mais je comprends qu’elle ne soit pas forcément fière de partir avec sa copine et le papy. D’un côté elle ne ment pas: elle suit sa copine, et sa copine suit le touriste sexuel moyen. En tout cas il n’aura pas traîné lui, les gogo bars viennent tout juste d’ouvrir leurs portes (leurs rideaux) et ça y est il repart avec les deux plus belles filles du Playskool ! Je termine ma bière et décide de rentrer à mon tour au cœur de l’action.

 

Mauvais sort

Je déambule un peu au rez-de-chaussée en essayant de repérer une beauté rare, esquivant toutes les rabatteuses qui essayent de m’attirer dans leurs bars. J’arrive finalement devant le Voodoo Gogo Bar, au fond à gauche de la Plaza, qui est un des rares gogo bars que je n’ai pas encore visité. J’aperçois une gogo girl vraiment canon qui reste me fixer, petit coup de parano en me demandant si c’est une vraie fille car elle a des seins énormes et elle fait un bon mètre soixante-dix. Je décide d’aller lui parler pour entendre le son de sa voix, et aucun doute possible cette charmante Khun L est bien une fille ! Elle me demande ce que je fais ce soir, je lui réponds en thaï que je ne sais pas et que ça dépend d’elle. Ça la fait rire et je la suis dans le bar.

Je commande une Chang Beer, elle passe avec succès le test du lady drink en prenant la même chose. Si une fille de bar commande une tequila ou n’importe quel autre shooter, en général je lui dit non. C’est typique des filles qui veulent prendre un maximum d’argent en un minimum de temps : elles vont boire leur shooter cul-sec, et 20 secondes plus tard la mamasan va revenir à la charge pour demander un autre lady drink pour la fille. Non merci. Je discute avec elle, on rigole bien, elle va danser et me prend pour cible en ne me lâchant pas des yeux. Quand elle revient s’asseoir elle ne se pose pas à côté de moi, elle monte sur moi à califourchon et colle ma tête dans ses seins. Sympa, j’apprécie. Ensuite elle me dit :

_ Tu sais, aujourd’hui j’ai prié Bouddha, je lui ai demandé de m’envoyer un farang qui soit grand, beau, et de préférence français.

J’essaye de garder mon sérieux, sans succès, j’explose de rire et je lui fait remarquer que la vie est quand même bien faite. Je lui dit à mon tour :

_ Moi aussi j’ai prié Booba avant de venir, pour rencontrer une thaïe qui soit grande, belle, avec de gros seins… et de préférence gratuite.

Ça ne l’a pas fait rire. Puis elle me dit qu’elle n’aime pas parler d’argent, mais que quand même si je veux m’amuser avec elle c’est 4000THB. À partir de ce moment là le mot bar fine commence à revenir toutes les 30 secondes, venant de Khun L et de la serveuse ladyboy qui arrive en renfort. Ensuite elle me propose des plans bizarres : payer le BF, aller faire mon tour pour prendre des photos et des vidéos, puis revenir la chercher à 1h pour qu’on aille manger ensembles. Là je sens qu’elle a décidé de me prendre pour un con, et je n’aime pas qu’on me mette la pression pour payer un bar fine, du coup je lui dit que je vais bouger. Sans surprise, changement d’attitude : elle passe en mode connasse super vénèr, et me dit qu’elle était la chance de ma vie, que si un jour je reviens dans le bar elle ne m’adressera pas la parole, etc… C’est donc sans regrets que je poursuis mon chemin.

 

Souviens-toi l’été dernier

Toujours au rez-de-chaussée, je passe devant le Hollywood Gogo Bar, où je me fais interpeller par une charmante demoiselle. Elle me dit qu’elle se rappelle de moi, je lui réponds qu’elle doit faire erreur et que sa tête ne me rappelle rien. Elle rétorque qu’il y a un an je m’étais embrouillé avec mon collègue avec qui j’étais en vacances, et que j’étais parti prendre une cuite dans un street bar à l’entrée du soi 7 où elle m’avait mis des branlées au Puissance 4, et qu’on était rentré à l’hôtel sur les coups de 7h du matin…

J’étais bouche bée, je me rappelle parfaitement de cette soirée, je me rappelle avoir ramené une fille du street bar, mais je ne l’aurais jamais reconnue. C’était la première thaïe que je ramenais avec moi, et également la première fois que je payais une fille pour du sexe. Et elle, qui doit voir des clients tous les jours, elle me reconnaît plus d’un an après alors que je lui passe devant sans lui prêter la moindre attention. Pour m’excuser je lui fait remarquer qu’elle a bien changé et qu’elle est beaucoup mieux qu’avant, ce qui est vrai. Elle me demande si je veux m’asseoir pour boire un verre, mais je décline en prétextant que je dois rejoindre des amis, elle me souhaite une bonne fin de soirée et me dit de faire attention au rouge à lèvres, (!?) ok, pourquoi pas. En parlant de rouge à lèvres elle me fait penser à Khun N qui bosse au Red Lips, avec qui je n’ai pas discuté depuis un petit moment, je décide donc d’aller lui dire bonjour.

 

Red Lips & rouge à lèvres

J’arrive devant le Red Lips où j’aperçois Khun N. Elle et toutes ses copines explosent de rire en me demandant si je passe une bonne soirée.

_ Ben ouais jusqu’ici tout va bien, mais j’aimerai juste qu’on m’explique pourquoi tout le monde se marre.

Là Khun N m’emmène devant une glace et je remarque trois grosses traces de rouge à lèvres sur mon front… Grillé ! C’était donc ça que voulait dire la fille devant le Hollywood… En y repensant c’est vrai que Khun L avait un max de rouge à lèvres, elle a bien dû se foutre de ma gueule quand je suis parti de son bar. Je discute un peu avec Khun N, termine ma Chang Beer et comme il est 23h je me dirige vers le premier étage de la Plaza pour aller mater quelques shows dans mon gogo bar préféré. Je rentre dans le Angelwitch Gogo Bar, mais c’est plein à craquer, on me propose une place dans un coin avec la moitié de la scène cachée par un poteau, ou une autre plus au fond mais trop près des autres clients à mon goût. Je décide donc de ne pas rester et de continuer ma route.

 

Grande, grosse poitrine et gratuite

Je me dirige ensuite vers le Mandarin, sur le chemin je fais une pause entre le Rainbow IV et le Tempations pour prendre quelques photos. Une ladyboy m’interpelle :

_ Salut beau gosse, tu veux me prendre en photo ?
_ Hè je la connais la technique, je te prends en photo et après tu vas me demander un pourboire c’est ça ?
_ Non non non, tu peux me prendre en photo, je ne te demande rien en échange, c’est juste pour te faire plaisir.
_ Ok va pour des photo gratuites.
_ Si tu veux je peux te proposer autre chose de gratuit pour te faire plaisir.
_ Genre ?
_ Genre on se retrouve dehors à la fermeture du bar et tu peux me baiser sans payer si tu veux.
_ Hum, non merci, je suis plutôt du genre 100% hétéro.
_ Alors il serait peut-être temps de goûter à autre chose ? T’as déjà essayé les ladyboys ?
_ Non, jamais essayé.
_ À mon avis tu as déjà essayé, mais tu ne t’en es pas rendu compte ! [Rires]
_ Bon aller à plus, je continue mon petit tour.
_ Je peux prendre ton numéro ?
_ Ouais vas-y.

Et là je me dis « Comment ça ouais vas-y ? », je suis en train de filer mon 08 à une ladyboy, c’est du n’importe quoi ! Je réalise que je commence à être un peu bourré et j’essaye de compter le nombre de bières que j’ai bu jusqu’ici, ça doit tourner autour d’une bonne dizaine, et j’ai oublié de manger. Ça commence à faire sérieux comme apéro, ça peut servir de circonstances atténuantes, mais ça n’excuse pas tout. Je lui dit salut, j’avance d’une dizaine de mètres et me pose sur un tabouret près de deux filles du Fantasia.

 

Un peu de fantaisie dans ce monde de putes

Les deux filles restent m’observer silencieusement pendant un court moment, puis me proposent de rentrer dans le bar :

_ On te voit tous les weekends ici, mais tu n’es jamais venu dans notre bar.
_ C’est vrai, en fait je passe rapidement devant parce que juste avant votre gogo bar il y a le Tempations, et j’essaye d’éviter de me faire alpaguer par les ladyboys.
_ Mytho… tu viens juste de filer ton numéro à une ladyboy !
_ Ah ça, euh, ouais mais en fait non, c’est pas du tout ce que vous croyez…
_ Mais c’est pas grave, ne te justifie pas, tout le monde sait bien qu’en Thaïlande les plus belles femmes sont des hommes ! [Rires] Du coup tu vas être déçu, ici il n’y a que des vraies filles. [Re-Rires]
_ En fait je me dirigeais vers le Mandarin, où il n’y a que des vraies filles aussi, et qui sont belles en plus de ça ! Je me suis arrêté ici seulement pour prendre quelques photos.
_ Ok, une prochaine fois peut-être ?
_ Ok, ça marche. J’ajoute le Fantasia à ma todo list !

 

Halte au Mandarin

Arrivé devant le Mandarin, je reste finir ma clope avant de rentrer. Puis je vois ma copine Khun M sortir du bar, elle s’approche de suite de moi. Elle me prend par la main et me dit de la suivre dans le bar, je lui répond que je préfère finir tranquillement de fumer dehors. Elle me relance toutes les dix secondes pour que je la suive de suite, je ne suis pas encore à l’intérieur qu’elle commence déjà à m’agresser. Je finis par l’accompagner, toutes les banquettes sont prises et on se retrouve sur les tabourets hauts. Je commande deux Chang Beer et me dis qu’il va vraiment être temps que je songe à manger un truc. Khun M ne reste pas assise longtemps et se lève pour venir me chauffer un peu.

Elle fait partie du deuxième set de danseuses, celles qui sont un peu moins belles mais qui dansent les seins nus. Comme de plus en plus de gogo girls, elle ne fait que du ST, je le sais depuis le début et ça ne m’intéresse pas, mais à chaque fois elle me tourne autour en se disant que je finirais bien par craquer un jour ou l’autre. Je commande une autre bière pendant que Khun M monte sur scène pour danser, puis elle revient et réclame un autre verre. Je lui répond négativement en jouant sur le fait que je bouge dans pas longtemps. Du coup elle me demande de payer un verre à la mamasan parce qu’à chaque fois je parle avec elle, mais que je ne lui offre jamais de LD. Devant un ton qui devient un peu trop insistant à mon goût, je choisis l’option brochettes en face du Big Dog.

 

Mission brochettes

Sur le chemin je repasse devant les ladyboys, je recroise ma « copine » de tout à l’heure qui veut me prendre dans ses bras. Je me dis qu’après tout ça ne me coûte rien, je n’ai rien d’accessible dans les poches arrières, et elles sont une petite dizaines à attendre avec curiosité de voir ce que je vais répondre. Du coup je lui dit ok, elle se lève et je me rend compte qu’avec ses talons elle est plus grande que moi, elle doit taper dans le mètre quatre-vingt dix ! Bref ça fait rigoler toute la troupe, elles sont toutes en train de glousser et elles insistent pour que je revienne après avoir manger. Non merci, sans façons.

Je continue mon chemin vers les brochettes et passe devant le G-Spot Gogo Bar où je croise ma copine serveuse dont j’oublie toujours le nom, qui me dit que Da est à l’intérieur si jamais j’ai envie de la voir. Je lui répond qu’il faut vraiment que je mange, il est un peu plus de minuit, et depuis mon Tom Yam de 14h je n’ai rien avalé d’autre que de la Chang Beer. Je descends les escaliers pour revenir au rez-de-chaussée et je me prends les murs des deux côtés des marches… ouais là il est vraiment temps que je mange. Je commande quatre brochettes de poulet, puis me dirige devant l’enseigne du Nana Hôtel pour manger au milieu des freelances. Une fois mon « festin » avalé, je commence à réfléchir à un plan d’action. Je suis arrivé au stade où je suis capable de tilter, mais comme d’habitude pour limiter la casse je n’ai pris que 5,000THB sur moi. Je tente de calculer rapidement combien de bières j’ai bu pour estimer ce qu’il reste dans mes poches, et à ce moment là je recroise Khun B avec une copine à elle, qui me dit :

_ Ben alors, qu’est ce que tu fais tout seul à cette heure ci ?
_ Rien de spécial, je viens de finir quelques brochettes histoire de dessaouler un peu mais ça ne marche pas des masses. Et vous, vous faîtes quoi ?
_ On va en boîte, soi Cowboy, tu veux venir avec nous ?

Bon alors là il va falloir réfléchir vite : si je les suis, il y a de grandes chances pour que je me retrouve à payer les entrées et les conso pour tout le monde, et il doit me rester 2,500-3,000THB à tout casser, ça va pas être possible…

 _ Hum… ça dépend, vous allez dans quelle boîte ?
_ T’inquiètes pas on a de l’argent, tu n’auras pas besoin de payer pour nous.
_ Ok très bien alors dans ce cas je vous suis ! [Rires]

 

En boite de nuit Soi Cowboy

On choppe un taxi puis on débarque soi Cowboy, la boite est au deuxième étage (pardon, premier étage pour un français) du deuxième ou troisième bâtiment sur la droite dès l’entrée du soi. Les filles me demandent ce que je bois, je commande une Heineken. Le serveur revient quelques minutes après avec ma bière, plus une bouteille de whisky thaï pour les filles. La copine de Khun B me dit de me dépêcher de finir ma bière pour boire du sky avec elles. Une autre fille de leur gogo bar nous rejoint, puis les deux serveuses ladyboys du Playskool nous rejoignent à leur tour. En fait je suis en train de passer une soirée entouré du staff du Playskool Gogo Bar !

Les filles commandent une deuxième bouteille de whisky, je propose de payer la bouteille mais elles refusent, elles me disent que je paierai les glaçons et un paquet de clopes qu’elles se partagerons… Ok, deal ! À partir de ce moment là j’ai n’ai plus que de vagues souvenirs. Je me rappelle que la clientèle était plutôt thaïe, pas de staff relou dans les toilettes qui insiste pour avoir un pourboire parce qu’ils te font un massage bidon pendant que tu pisses ou parce qu’ils t’ouvrent le robinet d’eau quand tu te laves les mains. Je me rappelle aussi du vieux qui tournait autour de Khun B. Le gars ne la lâche pas des yeux, je me dit qu’il va falloir que je gère finement mes déplacements aux toilettes pour ne pas me la faire endormir. Je sais que je ne ferai pas le poids s’il commence à lui parler d’argent, mais après tout elle est en soirée avec ses copines, elle s’est barfinée elle-même, donc je pense qu’elle est plutôt là pour s’amuser que pour faire de l’argent, mais on ne sait jamais.

Tout à coup mon téléphone sonne, numéro non masqué mais que je connais pas, je m’aperçois par la même occasion que j’ai raté un appel et que j’ai reçu un texto. Je décroche mais je n’entend rien, j’ai l’oreille droite collée à mon phone mais l’oreille gauche à moins d’un mètre d’une bonne grosse enceinte. Je me dirige vers la sortie pour tenter d’entendre quelque chose, mais à peine franchi le pas de la porte que ça raccroche. Je consulte mes messages et je découvre un très explicite « Tu veux me baiser ? » venant du même numéro qui vient de m’appeler. Ah ben oui, forcément, c’est ma bimbo pré-op qui revient à la charge !

Je retourne à l’intérieur et je vois Khun B qui parle avec le vieux. Lui non plus il ne traîne pas cet enfoiré, je sors trente secondes et il lui met le grappin dessus ! Je la vois lui faire « non » de la tête, elle se retourne puis me montre du doigt, j’ai cru lire sur ses lèvres « fen », qui veut dire « petit ami » en thaï. Le vieux ne se démonte pas et continue de lui parler, sûrement en lui disant qu’il peut la payer plus que moi, mais elle le laisse en plan et vient me rejoindre. Ça ne m’étonnerai pas qu’elle lui ait quand même dit où elle travaillait au cas ou il veuille la revoir, mais c’est son business et je la comprend. Elle arrive près de moi et me demande si c’est une fille qui vient de m’appeler. Je lui dit que oui, elle me lance un regard plein de jalousie et je lui fait remarquer qu’elle aussi elle avait l’air bien occupée avec son vieux quelques secondes plus tôt.

_ Non non non, il voulait juste que je passe la soirée avec lui, mais ce soir je ne travaille pas. Il m’a proposé de l’argent mais ça ne m’intéresse pas, ce soir je veux m’amuser et passer la soirée avec toi parce que je t’aime bien.

Le pire c’est que j’ai envie de la croire, ça sonne juste. On retourne se mêler au groupe, on continue de descendre les whiskys au rythme des remplissages de verres par les serveurs, et là, déformation professionnelle oblige, Khun B enlève sa robe et se met à danser en string et soutient-gorge sur les tabourets et autres endroits surélevés de la boite. J’étais plutôt content d’avoir mon appareil photo. Je regarde un peu partout autour de nous dans la boite, et repère un troisième farang, un gros, qui reste saliver sur Khun B. Quand il s’est rendu compte que je le fixais, il s’approche tout confus et s’excuse d’être resté la regarder, parce qu’il a cru remarquer que j’étais avec elle. Je lui répond en rigolant que ça ne me pose pas de problèmes, après tout si elle veut se montrer, je ne peux pas lui en vouloir de rester baver devant.

Au bout d’un moment elle se rhabille, et deux de ses copines s’apprêtent à partir. Je leur demande pourquoi elles rentrent déjà, et elles me répondent qu’il est quand même 6h du matin. Ah ouais, quand même. On reste finir nos verres calmement, puis on décide de sortir à notre tour. Arrivés dehors, choc lumineux : il fait jour et le soleil tape déjà bien trop fort pour mes petits yeux fatigués. Khun B me demande alors quelle est la suite des événements :

_ On va chez toi ?
_ Hum, chez moi c’est très loin tu sais, ça serait peut-être mieux de prendre un hôtel ?

Chez moi ce n’est pas si loin, mais chez moi c’est dégueulasse : ça fait un bon mois que je n’ai pas fait de ménage ni même sorti les poubelles, et je n’ai même pas une serviette propre à lui filer pour qu’elle prenne une douche…

_ Pourquoi prendre un hôtel ? On peut aller chez moi sinon ?
_ Comme tu veux, autrement il y a un hôtel juste là.
_ Comment tu sais qu’il y a un hôtel juste là ? T’y es déjà allé ? Avec une fille c’est ça ?
_ Heu, non non, c’est juste qu’il y a marqué Hôtel sur l’enseigne…

Elle ne m’a pas cru, et elle a bien fait.

_ Allez viens on va chez moi, ça te feras économiser le prix de l’hôtel.

Bien vu, elle a compris comment me prendre par les sentiments, il suffit de me parler d’argent. On monte donc dans un taxi pour se rendre chez elle, et je me rends compte que je suis en train de faire l’erreur du débutant, je pars avec une fille sans avoir abordé le sujet du tarif ! Je me rappelle que la première fois que j’avais parlé avec elle au Playskool, elle voulait 4,000THB pour un LT, et elle ne voulait pas descendre sous la barre des 3,500THB. Je m’attends donc à une addition plutôt salée, vu que je n’ai rien payé de la soirée, ni bar fine, ni boissons pour les filles, excepté des glaçons à 80THB et un paquet de Malbo lights à 120THB! Puis elle me sort de mes pensées en entamant la discussion :

_ J’ai un enfant tu sais ?
_ Hum, non, je ne savais pas.
_ Ça te pose un problème ? Tu veux toujours qu’on rentre ensembles ?
_ Non non aucun problème pour moi, et oui bien sûr j’ai toujours envie qu’on rentre ensembles.

Là ce n’est pas mon cerveau qui s’est exprimé. Mais je commence à me demander pourquoi elle me pose cette question. J’ai l’habitude des conversations avec les gogo girls, et demander à un client s’il est toujours sûr de vouloir venir ne fait pas vraiment partie de leur registre. Avant de rentrer on s’arrête dans un « street resto » pour manger un kao man kay, elle insiste pour payer, puis on rentre chez elle. Elle prend sa douche, je prends le relai, et quand je sors elle me dit qu’elle a failli s’endormir parce qu’elle a trop bu. J’aimerai avoir plus de souvenirs de ce qui a suivi, mais j’avais moi aussi trop bu. Je me rappelle juste que c’était bien, que ça a duré longtemps et qu’on a pas mal tourné dans le lit.

Le lendemain, à 15h30 du matin, on galère à se lever, avec tous les deux une bonne gueule de bois. On rigole en regardant les photos prises dans la boite, puis elle part prendre sa douche. En sortant elle me dit que c’est à mon tour et qu’après on va bouger pour manger. Après avoir pris ma douche, elle est toujours en train de s’habiller, puis elle me dit qu’on y va dans cinq minutes parce qu’elle doit se coiffer d’abord. D’accord, je les connais les minutes thaïes : cinq minutes ici ça vaut au moins 15-20 minutes de chez nous, mais cinq minutes d’une thaïe qui se coiffe… ça doit taper dans la demi-heure facile.

Une demi-heure plus tard, comme prévu, alors qu’elle a fini de se coiffer, je me rends compte qu’on a toujours pas parlé d’argent:

_ Combien tu veux?
_ Comment ça? Je ne te suis pas.
_ Hum, tu veux de l’argent?
_ Nooon, c’est pas la peine! Tu n’auras qu’à payer le restaurant et me dépanner pour le taxi.

Comme je m’y attendais, elle m’emmène dans un petit resto thaï super pas cher. On commande beaucoup trop à boire et à manger histoire de se remettre de notre soirée de la veille, pour un total de 270THB. Au final on a prend le même taxi vu qu’on part dans la même direction, et bien évidemment  on s’échange les numéros. Une gogo canon et qui refuse de l’argent ça n’arrive pas tous les jours, c’est même la première fois que ça m’arrive avec une gogo girl, alors autant essayer d’en profiter. Je repense à ma vanne bidon au Voodoo Gogo Bar et décide qu’à partir d’aujourd’hui je vais prier Booba plus souvent…

 

Si t'as aimé... fais tourner !

A propos de l'auteur

Sly Nakrap

Sly, aka Seulaï (สไล), est expatrié en Thaïlande et habite à Bangkok. Tout comme Bernie Noël il a 29 ans mais bientôt 32. Et tout comme Alain Delon, il aime bien parler de lui à la troisième personne, parce que ça fait genre c'est quelqu'un d'autre qui écrit ce texte pour parler de lui. Également connu sous les pseudonymes de Slylock Holmes et Anakin Slywalker, Sly aime bien raconter sa vie dans ses Chroniques, mais il ne le fait pas souvent car il a la flemme.

Lien Permanent pour cet article : http://www.buttersly.com/2011/11/14/chroniques-quartiers-rouges-bangkokla-gogo-gratuite/

7 commentaires

  1. Debian

    Très bon article Sly ;) Mort de rire du début à la fin ! Quelle aventure !

    1. Lalaine

      Cheers pal. I do arppeacite the writing.

  2. Alexou

    Salut,

    je viens de rentrer de thailande, et j’ai découvert ton site très sympa et qui m’a bien fait marrer ; avec une « french touch » en plus.

    En fait, je souhaiterais te filer quelques infos sur les filles en thailande.

    J’aimerais aussi avoir quelques infos de ta part sur les endroits et les filles

    Si tu es ok, fais moi signe !
    A bientot
    Alex

    1. Sly

      Ok tu peux m’ajouter sur Facebook on verra ça plus en détails. A+

  3. pef

    C’est marrant ce comportement binaire des lady bar et lady a gogo, soit elles essayent de te dépouiller, soit après le taf quand elles t’invitent pour faire la fête elles comptent pas pour te payer des coups.
    je me rappelerai toute ma vie de mon anniversaire avec tous le staff du Double D (soi5 jomtien) qui m’a bourré la gueule toute la nuit à l’oeil dans un barboy, et ne m’ont jamais demandé un thb .
    Un conseil ne jamais proposé d’argent quand elle t’invite, elles le prennent très mal.
    T’est là pour leur faire oublier leur journée de merde, en fait elle te payent des boydrinks; t’est leur joujou 55555. Moi j’aime bien être un lady bar boy 5555

    J’ai pas vu de chroniques sur les barboy, si t’y est jamais aller je te conseil fortement, c’est hallucinant de les voir craquer tout le pognon gagné dans la soirée avec des thais de 18/19 ans.
    C’est l’hallu faut les voir hurler comme des folles quand les mecs numérotés débarquent sur l’estrade, après elles en chope un (même la mamasan 555 ) et se comporte comme les farangs le font avec elle .

    Ca vaut le détour, par contre tu peux pas rentrer seul la première fois, faut venir avec des lady bar/agogo

    Sinon super boulot Sly, ça réveille plein de bon souvenir

    Et vive les lady bar, c’est mes meilleurs copines, et pour moi c’est les personnes les plus honnêtes de thailandes 55555 jing jing
    Et en plus elles ont un coeur gros comme ça, a chaque fois que j’ai des galeres en thailandes les lady bar me filent des sérieux coup de main, elles m’on évité plusieurs fois la prison et/ou le bakchich .

  4. XXX

    Génial ca se lit tout seul !
    Ca me rappelle une fois une soirée a pattong une gogo girl m’avait emmené en boite sans que je paye pour la sortir elle m’a choisit je ne sais pas pourquoi elle a jamais voulus me le dire, on a bus toute la nuit le matin jusqu’a 10h puis on prend un hotel et la je lui dis « Ecoute je te paye mais on fait rien on dort » et elle me dit « tu ne payes pas et on fait » (ouais j’voulais pas tromper ma meuf a l’époque mais maintenant le celibat c’est bien mieux :p) puis a force de batailler elle est arrivé a ses fins.. gardé un peu contact et je n’ai jamais compris pourquoi elle voulait pas de mon pognon aprés j’été jeune j’avais 21ans donc ca a dut la changer vut l’age moyen des clients ^^

  5. Dingdong

    Je me suis régalé à te lire
    Une soirée type ……
    Écrit un bouquin pour jeune bringueur voulant passer du bon temps sur Bangkok !
    C’est agréable de te lire, le sourire ne m’a pas quitté durant ce temps.
    Il n’y manque que les odeurs et le mal de crâne pour être 100% immergé dans soï 4.
    Merci
    Au plaisir de te rencontrer

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