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août 22 2012

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Jour de paye – Soirée ratée

bangkok red light district

J’essaye de bien séparer mes deux vies : celle du mec sérieux et bosseur la semaine au boulot, et celle de l’alcoolique qui ne fréquente que des prostituées le weekend. Je ne sais pas si j’arrive à tromper grand monde. Mais de toutes façons les thaïlandais avec qui je bosse s’en foutent vu qu’ils sont pires que moi. Un vendredi soir, je prend l’apéro avec trois collègues du boulot qui ont décidé de me sortir : ils veulent m’emmener faire un massage tap tap. Le tarif annoncé est de 500 baths, avec potentiellement quelques filles vraiment canons, dans un salon de massage perdu au fin fond de la banlieue nord de Bangkok, bien à l’abri des farangs.

Je me laisse tenter par la proposition, et nous continuons de descendre notre magnum de Blend 285. Quelques verres plus tard, je décide de les inviter : ce soir, Sly paye sa tournée de massage. Je ne roule pas sur l’or, mais comparé à eux, si. Et ils sont plutôt du genre réglos : impossible de participer pour payer la bouteille de whisky… J’insiste encore un peu pour cotiser, et l’un d’eux s’en va faire un tour sur son scooter.

_ Il est parti où ?

_ Surprise…

_ Il va bien ou quoi ? Il avait l’air un peu tendu, non ?

_ Tu insistes pour payer l’alcool, alors que tu nous invite déjà tous au salon de massage… Du coup il a l’impression que tu fais ça par pitié, parce que tu nous considères comme pauvres.

_ Hein ? Hè mais il est où l’esprit mai pen rai là, et le sabai sabai ? Jai yen yen na !

_ T’inquiètes pas, ça va lui passer.

Quelques minutes plus tard, le gars en question revient, tout sourire, avec un autre magnum de Blend 285. Ok, c’est donc ça la surprise… J’insiste pour participer à la bouteille et il part en racheter une autre sans demander à personne de cotiser ! L’apéro se continue donc, et trois litres plus tard, on est enfin prêt pour aller se relaxer dans le fameux salon de massage. Trois litres à quatre, ça fait quand même une bouteille de whisky chacun, mine de rien. Et je n’étais pas vraiment à la traîne sur les autres au niveau descente…

On bouge en taxi, impossible de me rappeler du nom du salon ni même d’une localisation approximative du truc. Tout ce que je sais, c’est que c’était au nord. Une fois arrivés à destination, c’est la grosse déception : pas des masses de filles et en plus elle ne sont pas terribles terribles. Mes trois collègues se concertent en thaï à voix basse, je ne capte rien, puis ils me demandent :

_ Bon, on fait quoi ? On reste là ou on bouge ailleurs ?

_ Hum… ailleurs où ?

_ Je pense que vers Siam c’est jouable.

_ Siam ? …Paragorn ?

_ Non ! Le Siam Hotel ! Y’a plein de filles qui traînent sur le bord de la route.

_ Et elles sont bien ?

_ Ben ouais carrément ! Par contre en général c’est plutôt 1500 le tarif pour un short time

_ Aïe, ça change des 500 baths annoncés !

_ C’est sûr, c’est pour ça qu’on te demande : on fait quoi maintenant ?

_ Ben vas-y on y va, c’est jour de paye !

On reprend donc un taxi en direction du fameux Siam Hotel. Mon collègue copilote demande au taxi de ralentir et de longer le bord de la route pour qu’on puisse regarder les filles d’un peu plus près. C’est vrai qu’il y en a pas mal, en qu’en plus de ça elles sont pas mal. Elles sont là, sur le bord de la route, en train de faire semblant d’attendre un taxi. En fait, si si, elles attendent bien des taxis, mais des taxis déjà occupés.

Au bout de quelques mètres on aperçoit un groupe de filles plutôt mignonnes, typées Thaïlande du Nord. On s’arrête à côté et on voit une fille (enfin non, un tom) sortie de nulle part qui nous braque avec sa lampe torche et qui commence à nous briefer :

_ C’est 1500 le short time, sans la chambre, et il faut payer avant.

_ Non non non, pas moyen que je paye avant !

Mes collègues essayent de négocier le prix, sans succès : avec ma tête de farang dans le taxi, le tarif ne descend pas d’un bath. Finalement, on se décide à choisir des filles, vu qu’elles étaient top, et on se sépare en deux groupes pour bouger en taxi dans un short time hotel pas loin.

Une fois à l’hôtel, il fallait encore allonger 400 ou 450 THB pour chaque chambre, si je me rappelle bien. Je rentre donc dans la chambre avec ma short time girlfriend, elle ne traîne pas et taille directement sous la douche. Elle est canon et vient de Chiang Mai, elle a 24 ans et des gros seins. Après un début de prestation plutôt sympa, au bout de 20 minutes environ j’entends frapper et une fille braille des trucs en thaï à travers la porte. Et là la meuf se lève, prend ses affaires et part s’enfermer dans la douche.

Quand elle sort, moins de deux minutes plus tard, elle me dit bye bye et elle se casse. Le temps de réaliser qu’elle s’était vraiment barrée, je me rhabille en speed pour essayer de la rattraper et lui dire de venir finir son taf, mais elle était déjà loin. En descendant dans le hall de l’hôtel, je vois mes collègues déjà là, l’air dégoûté. Au bout de 20 minutes y’en a juste un qui a fini son affaire, et la fille avec qui il était a fait le tour des chambres pour rameuter ses copines.

Du coup je leur dis que c’est exactement pour éviter ce genre de déconvenues que d’habitude je ne paye jamais une freelance en avance : une fois qu’elles ont la tune elles ne sont plus vraiment motivées à faire le taf. Un de mes potes est pourtant un habitué de ce coin là, et il n’a jamais eu ce genre de problème auparavant. Mes collègues me proposent alors de rentrer et de se consoler avec une autre bouteille de whisky :

_ Bon ben on fait quoi ? On rentre ? On tise ?

_ Non non non, pas moyen, moi je bouge sur Sukh. Vous suivez ?

_ Il est déjà une heure du matin, qu’est-ce que tu vas aller foutre sur Sukhumvit ?

_ T’inquiètes pas pour moi… Je vais bien réussir à trouver un lot de consolation.

_ Tu vas où ? Sur Nana ?

_ Oui y’a des chances, je vais rappeler un pote pour voir s’il y est toujours.

Après avoir eu mon collègue au téléphone, je me dirige donc vers Nana Plaza, toujours aussi bourré et bien décidé à terminer ce que la freelance n’a pas prit le temps de finir. Je retrouve mon pote et on se pose à l’Erotica Gogo Bar pour boire une bière. Je me rend compte que depuis le début de la soirée on n’a pas arrêté de boire du whisky mais qu’on a un peu oublié de manger, à part deux trois paquet de chips. Le fait de réaliser que je n’ai rien dans le ventre me donne tout d’un coup l’impression d’être encore plus bourré. Je reprends donc une Chang pour oublier. Mais il est déjà presque 2h, et la fermeture des gogo bars approche et je suis plus attiré par ma bière que par les danseuses qui restent sur la scène.

Tant pis, le bar ferme. On se dirige vers le Playskool Gogo Bar pour voir s’il n’y a pas moyen de retrouver une danseuse ou deux en boite de nuit, sans succès… Je me souviens alors qu’il me reste une bonne demi-bouteille de whisky dans un bar de nuit où travaille également un des mecs du Playskool. On décide de bouger avec lui dans l’autre bar, et puis il me sort :

_ Hè mais Seulaï, elle fait quoi ce soir ta meuf du Suzie Wong ?

_ Ah ouais tiens, j’en sais rien !

_ Ben passe lui un coup de fil !

_ Ouais c’est pas con ça…

Ma copine décroche son phone, elle est en train de manger, mais est ok pour me rejoindre dans environ une demi-heure. Je m’attends donc à la voir débarquer d’ici une heure, pas avant. On se fume une chicha, on boit du Song Pêt Ha, et mon état ne s’améliore pas. Une heure plus tard, mon pote thaï la rappelle pour lui demander où elle en est, mais elle est sur la route, elle arrive. Encore une heure plus tard, ça fait deux heures que j’attends et la bouteille est presque vide… je décide donc de me barrer. Mon pote me demande :

_ Mais… et la meuf ? Elle arrive hein !

_ Ouais, ça fait deux heures qu’elle est sur la route pour traverser 7 Soi, ça me gonfle.

_ Mais ça va t’es sûr ? T’as pas l’air vraiment en place là…

_ Ouais je suis déchiré surtout !

Je continue donc mon périple, et bouge du Soi 5 vers le Soi 7/1 où je connais quelques filles sympas dans un street bar. Je me pose, commande une bière, et une fille vient s’asseoir à côté de moi.

_ Salut Sly !

_ Hey… heu… salut… toi !

_ Tu te souviens de moi ?

_ Ouais ouais, ouais ouais, carrément !

_ C’est quoi mon nom ?

_ Aüm ? Nok ? Bee ? Noï ? Joker.

_ Tu t’en rappelles pas ?

_ Ben non, désolé, mais c’est pas de ma faute je suis vraiment bourré ce soir.

_ Check ton répertoire, dans les F.

_ Hum… Fon, c’est ça ?

_ Regarde ton portable je te dis ! Tu voulais m’enregistrer sous « Fon 1 » vu que t’avais déjà une Fon dans ton répertoire, et je t’ai imposé de renommer l’autre en « Fon 555 » car je ne voulais pas être numérotée…

_ Ah ouais effectivement je vois ça. C’est marrant ça me rappelle rien cette histoire !

Et là mon téléphone se met à sonner, c’est ma copine du Suzie Wong qui vient d’arriver dans le bar où j’étais sensé l’attendre. Elle m’engueule car je ne l’ai pas prévenue que je bougeais, j’essaye de lui dire que ses soit-disant 30 minutes de trajet se sont transformées en 2h30, mais rien n’y fait, tout est de ma faute. Je lui propose alors de venir me rejoindre dans le street bar, et elle accepte. À peine arrivée, elle tape un scandale parce qu’une fille est assise à ma table :

_ Hè mais c’est qui elle ?

_ Ben c’est juste une copine.

_ C’est vrai ça ?

_ Oui oui, répondit l’autre fille en bonne menteuse.

Je reprend donc un verre avec elle, elle se calme, mais mon cerveau commence à tilter. C’est la fête foraine dans ma tête, comme si j’essayais toutes les attractions en même temps. Ma copine est à peine arrivée à la moitié de son verre que je lui dit que je vais rentrer :

_ Je suis désolé, mais là ce soir j’ai trop abusé, je suis ivre mort.

_ Quoi ? Tu me fais venir jusqu’ici pour rentrer tout seul chez toi ?!

_ Désolé hein, mais là faut vraiment que je rentre, j’ai trop la tête qui tourne, ça va pas…

_ Ok, je te raccompagne jusqu’au taxi si tu veux.

Je me lève, manque de me casser la gueule, titube, bouscule un gars, puis un deuxième, et me rassois un tabouret deux mètres plus loin.

_ Seulaï… you walk same same snake !

Je vais m’en rappeler de cette phrase. C’est vrai que dans ma tête ça avait l’air d’un espèce de parcours du combattant pour passer du premier tabouret à l’autre. Prenant conscience de mon état déplorable, je prend mon courage à deux mains, et réussi à garder un semblant d’équilibre une fois debout. Ma copine me chope un taxi, lui donne mon adresse et me souhaite un bon retour. Je lui dis merci, et m’endors 30 secondes après. Je me réveille en sursaut, sur la voie expresse, avec une espèce d’envie de vomir, un truc impossible à retenir. J’essaye tant bien que mal de trouver la manivelle pour ouvrir la fenêtre, le chauffeur du taxi capte que je suis vraiment mal et commence à brailler « C’est là ! Ici ! Là! » en me montrant le bouton. Ok, je cherchais à ouvrir la fenêtre à l’ancienne, je n’avais pas vu que c’était des vitres électriques. Même coaché par le chauffeur, l’ouverture de la fenêtre ne se fait pas assez rapidement et la première rafale part donc moitié dehors, moitié dedans. Une fois la vitre complètement baissée, deuxième rafale, avec la tête bien sortie hors du taxi. Évidemment, avec la vitesse le vent était contre moi. Je me reprend quasiment tout dans la gueule, très classe. Je laisse la fenêtre ouverte, et je reste là comme un clébard, avec la tête dehors pour profiter de l’air.

Une fois arrivé chez moi, le montant de la course est de 120 baths. Le chauffeur descend du taxi et me demande de sortir pour constater l’ampleur du carnage.

_ Regarde un peu tout ce merdier ! C’est tout sokopok, il va falloir que je l’envoie à laver, ça va me coûter 1000 THB, alors donne-les moi ces 1000 THB !

_ Quoi ? 1000 baths ?! Mais t’es pas net toi ! Même en France c’est pas ce prix là…

_ Ok, tu me donne 500 baths et on n’en parle plus.

_ 500 baths !? Mais n’importe quoi… un coup de jet d’eau et y’a plus rien !

_ Et l’intérieur ? Un coup de jet d’eau dedans aussi ?

_ Bon vas-y, la course c’est 120 baths, je te lâche 250 et je rentre dormir.

_ Non, je veux 300 !

_ Ok, je te donne 200 alors…

_ Putain d’farang ! Va pour 200 baths…

Ainsi s’achève cette soirée mémorable, tellement ratée que j’en rigole encore quand j’y repense : tant d’alcool, de déception, d’attente, de frustration et de vomi. Mais le point positif, c’est que mes collègues du boulot ont décidé de se cotiser pour me dédommager du plan foireux avec les freelances. Ils ont donc choisi de me payer un massage au Poseidon sur Ratchada… affaire à suivre !

 

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A propos de l'auteur

Sly Nakrap

Sly, aka Seulaï (สไล), est expatrié en Thaïlande et habite à Bangkok. Tout comme Bernie Noël il a 29 ans mais bientôt 32. Et tout comme Alain Delon, il aime bien parler de lui à la troisième personne, parce que ça fait genre c'est quelqu'un d'autre qui écrit ce texte pour parler de lui. Également connu sous les pseudonymes de Slylock Holmes et Anakin Slywalker, Sly aime bien raconter sa vie dans ses Chroniques, mais il ne le fait pas souvent car il a la flemme.

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11 commentaires

  1. Boulbi

    Mort de rire ! Paies ton plan foireux ! :D

  2. Sly

    Ouais, c’est clair. Mais je voulais raconter cette histoire juste pour changer des plans trop easy où tout se passe bien jusqu’à la fin de soirée qui se termine par une gogo danseuse gratuite/pas chère. Comme disait Kool Shen, « y’a des jours comme ça où tout ne va pas pour le mieux, y’a des jours où tout part en couille, tout coule »…

  3. Yassine

    Mort de rire. On dirait un autre moi !

  4. Kik

    Super tes histoires – ressemble à mes soirs de délire là-bas

    hâte que tu nous écrives de nouvelles!!

  5. pef

    Faut bien se taper des plans galères, ça permet de mieux apprécier les plans qui se déroulent sans accroc :)

  6. jackson

    SALUT JE VIENS DE SUISSE JE KIFF BIENS TON FORUM JE VIENS D 7 AU 10 SUR BANKOKE JE VEUT SA VOIR SI TU PEUX VENIRE BOIR UN VER AVEC MOI CEST LA PREMIER FOIS JAI BESOINE E UN MAITRE STP COOL JE T OFFRE DE L ACOL A GOGO LOL

  7. antoine

    je dis chaprau
    arriver a te rapeller de tout alors que perso une bouteille et cest l extinction
    a quand l expérience avec trop de kramaga ?

  8. antoine

    jolie retou a la realite
    perso apres la 1ere bouteille j aurais moins gere et surtout cela aurais mission impossible de tout me rapeller

  9. juju

    Je sais pas si c’est arrivé à Sly que la gogo boive trop et finisse aux chiottes à dégueuler ses tripes au lieu de partir en ST. Moi c’est arrivé 2 fois. Il faut dire que les filles boivent comme des éponges et moi je bois très peu, je ne finis jamais mes verres ou bouteilles. Du coup, c’est elles qui le font et en plus comme je paie beaucoup de LD elles trinquent. Par 2 fois donc j’étais enfin parvenu à trouver une fille qui me plaise et après le barfine on allait boire encore un verre ou deux puis au moment d’aller à l’hotel elle devenait toute livide puis allait vomir au coin de la rue. Evidemment hors de question que je la ramène dans ma chambre. Bilan: trois heures du mat, une fille inutilisable et un barfine de gâché ( deux fois ).
    Conseil: ne vous défoncez pas comme Sly mais surtout limitez les LD:

  10. Paul

    Bjr
    Je viens de te lire et la petite phrase ci dessous est vraiment sympa j’en rigole encore apres 5mn
    Continue à nous faire découvrir tes anecdotes
    Cdt
    Paul

    C’est la fête foraine dans ma tête, comme si j’essayais toutes les attractions en même temps.

  11. CHRISTOPHE

    SLY elle est trop ecxellente cette histoire !!!!! ayant déja eté 3 fois en thailande je m’en suis pris moi aussi des sévères au niveau cuitte !! j’ai toujours heureusemment fini par arriver aux toilettes avant de gerber mes tripes . MAIS alors la franchemment frangin tu m’as battu ! ptdr !!!! avec l’histoire du retour en taxi ! merci beaucoup en tout cas sly pour nous donner de la joie du rire et de la gaietée en nous permmettant de lire tes incroyables et chaudes histoires de THAILANDE !!!

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